L’obsession d’Ikea : un design pour tous

 

Ingvar Kamprad, fondateur de l’entreprise Ikea, inaugure en 1943 une nouvelle politique commerciale. Le concept est de fabriquer des meubles peu onéreux, en grande série, perpétuant ainsi la philosophie du design suédois dont le but est de concevoir des objets améliorant la qualité de vie de l’utilisateur. Aucun superflu et ornementation se retrouvent donc sur le mobilier ; l’utilisation du bois dans son plus simple état a été largement favorisée.

 

« Chaque produit doit offrir une satisfaction émotionnelle car les objets bien conçus sont ressentis davantage comme un enrichissement primordial du quotidien que comme des symboles de statut social1. »

 

Cette ambition est l’une des plus grandes forces de l’entreprise. Dans un texte publié en 1976, Igvar Kamprad développe sa vision sociétale : « Dans tous les pays et systèmes sociaux, en Europe de l’Est aussi bien qu’à l’Ouest, une part démesurée de l’ensemble des ressources sert à satisfaire une minorité de la population […] Le but d’Ikea est de corriger cette situation2 ».

 

Une standardisation favorable à l’évolution du design

 

Dès 1956 apparaissent les meubles en kit, livrés dans des packagings le moins volumineux possible : leur conception est au service d’une standardisation maximale3. En France, cette normalisation du design est parfois vue d’un mauvais œil, surtout par les maisons d’éditions spécialisées dans le haut de gamme.

 

Viveca Olsson, directrice de la création de la collection Stockholm, une gamme premium d’Ikea, considère que la popularité de l’enseigne est bénéfique au design nordique : « l’image d’un Ikea géant du meuble et de l’objet déco éclipsant complètement la jeune création scandinave ou bridant les éditeurs mythiques n’a pas lieu d’être. Ça n’a jamais empêché les designers de s’exprimer, d’être édités, de vendre leurs produits. Le respect du processus de création, et donc du designer, est le même chez Ikea que chez un petit éditeur : il faut compter deux ans pour qu’un produit vienne sur le marché, un peu près le même délai que chez n’importe quel éditeur. Il ne faut pas non plus négliger un autre facteur : Ikea a aidé à mettre en avant le nom de certains designers, leur a permis de se faire connaître, ou au contraire a fait appel à des designers de renommée, en mettant leur travail à portée d’un maximum d’acheteurs4 ».

 

Les succès notables d’Ikea

 

Gillis Lundgren invente le meuble en kit le plus largement distribuée mondialement. La Bibliothèque Billy est une leçon de simplicité et de design démocratique. Dessinée rapidement sur sa serviette de table, elle répond à la demande d’Ikea d’une bibliothèque économique, fonctionnelle et modulable. Les premiers modèles de Billy exploitent les panneaux en particules de bois apparus dans le catalogue en 1969. Son succès est immédiat et confère à cet objet le statut d’icône : un exemplaire est écoulé toutes les six secondes. Gillis Lundgren se réjouit « que Billy ait permis à tant de gens d’avoir chez eux leur propre bibliothèque alors qu’à l’époque, on n’avait pas beaucoup de livres chez soi. Tout le monde est capable de proposer une solution chère. Il est beaucoup plus difficile de fabriquer un objet à un prix raisonnable, que la plupart des gens peuvent s’offrir5 ».

 

Actuellement, Ikea se renouvelle en proposant plusieurs meubles qui intègrent un système de recharge sans fil. La Lampe Riggad est pourvue de ce procédé ingénieux qui résulte de la recherche perpétuelle d’optimiser le quotidien des utilisateurs. Elle s’inscrit dans la continuité des produits tournés vers l’homme améliorant sa qualité de vie.

 

1 Charlotte et Peter Fiell, Op. cit, page 13.
2 Source tirée du site lentreprise.lexpress.fr
3 Anne Bony, Le design, Collection Comprendre et reconnaitre, Larousse, Paris, 2004, page 103.
4 Source tirée du site www.slate.fr
5 Source tirée du site www.lemonde.fr